La performance
#45 Est-ce qu'on est vraiment nous-même quand on vise la performance ?
“Ce n’est pas être mieux que les autres qui m’intéresse, mais viser la fourchette haute, ce pourcentage qui fait la différence et me dire que je suis capable de l’atteindre, de l’accomplir.”
“Oui, ok, mais Linda, après tout, quand tu vises cette excellence, tu t’attends bien à ce que les autres t’envient ou t’admirent après ?”
“Pas faux, il y a peut-être une part d’égo qui se joue là-dedans.”
Je me suis posée la question de la raison pour laquelle la recherche de performance est présente dans tout ce que j’entreprends, de la chose la plus futile au projet ambitieux. Aucune distinction, tout est sujet à viser le haut du panier, à faire les choses plus que bien et à connaître un sujet dans tous ses recoins (même quand il n’y a même pas lieu de le faire, en fait).
Si on annonce que 10% des personnes vivent sereinement une épreuve difficile dans leur vie alors comptez sur moi pour faire partie de ces 10% et comprendre tous les rouages derrière. Je rentre ainsi dans un processus très poussé de connaissance, d’anticipation, de plan d’actions pour rentrer dans ce cercle infime.
Est-ce un jeu stimulant ou une blessure qui ne cherche qu’à être pansée continuellement au fond ?
On performe pour nous ou les autres ?
Avant de continuer cette newsletter, nous sommes à présent +1100 dans ce Secret Club.
Je vous remercie infiniment de me suivre, de me lire et de vous laisser emporter. C’est un grand pas pour moi de m’exprimer ici et je ressens une gratitude profonde pour votre fidélité et vos retours bienveillants et positifs.
Si ce n’est déjà fait, abonnez-vous pour recevoir mes écrits directement dans votre boîte mail et/ou substack app et ne rien rater.
Qu’est-ce que la performance ?
Peut désigner une réussite remarquable, un exploit : sens hérité du vieux français, où « parformer » signifie et souligne la notion d’«accomplir».
J’aime bien l’utilisation du mot accomplir pour parler de performance. Ce mot englobe, à la fois, des rêves, de la souffrance et une part d’image que l’on souhaite atteindre et projeter.
Quand on parle de s’accomplir, je ne sais pas vous, mais je sens une certaine pression monter en moi. Comme si une attente pesante venant de l’extérieur s’emparait de mon corps et je devenais une sorte de marionnette. Il y a comme un cadre qui s’impose avec la performance, une extrémité à atteindre et qui nous pousse à aller plus loin que l’on imaginerait. Certains diront, sky is the limit, donc un cadre qui disparaît. Mais moi, je fais référence à nos sensations. Pourquoi pour telle chose, à tel moment, envers telle personne, je décide de performer ? Pourquoi la performance devient majeure dans ma chair ? Je performe pour moi ou pour les autres ? Sois honnête Linda
Il faut que j’avance. Je ne me voile pas la face. La performance devient essentielle quand les choses ont du sens pour moi. Parce que je veux vivre en étant fière de ce que j’accomplis.
Performance rime avec sacrifice ?
Si vous culpabilisez à l’idée de ralentir, c’est que votre système nerveux a appris à associer votre valeur au fait d’être constamment performant.
Tout est question d’estime de soi quand on parle de performance. Pourquoi est-ce que je me sens aussi rassurée quand j’ai cette sensation, voire cette preuve, que je performe sur une action.
Je me suis surprise plusieurs fois à ressentir une certaine satisfaction de me faire valider par une personne, un chiffre, une note, une moyenne… bref autre chose que ma perception personnelle d’un acte que j’entreprends. Je pourrais m’arrêter au fait qu’une chose soit faite. Non, je veux me prouver que je peux aller plus loin.
Prenons ma décision d’arrêt de consommation du café. Je ne m’étais pas fixée de date, juste que je suis passée de 4 tasses par jour à zéro, plus une goutte de café, rien, nada, du jour au lendemain. Et je repoussais mes efforts jusqu’à atteindre, aujourd’hui, 1 an et 2 mois sans café. Parfois l’envie me tente de me prendre un café latte coco, mais je me dis que non, je suis capable de tenir encore. Comme un record à battre.
Je peux dupliquer cette sensation sur tous les pans de ma vie. Viser la performance au détriment de ce que je veux vraiment au fond de moi et surtout, pour quelle raison le fais-je ? Me rassurer ? Avoir la validation des autres ? Ou juste susciter de l’admiration pour une chose que les autres ne feraient pas ?
Tout cela n’est qu’un schéma répétitif de notre enfance. Classique. Si j’ai perdu certains d’entre vous en disant une phrase digne d’un psy de banlieue, je suis navrée. Mais soyons honnête, on ne devient pas accro à la performance sans séquelles liées à notre enfance. Parfois, nos parents ont projeté en nous des injonctions si fortes que l’on grandit en ayant ancré en nous, que l’amour est conditionnel. Ce point est celui qui me fait le plus de mal à écrire. Parce que je cours souvent derrière la performance pour avoir une reconnaissance de mes parents.
Et cela, jusqu’à m’épuiser physiquement et mentalement.
Et si on arrêtait cette mascarade ?
Qu’est-ce qui est pire ? Ressentir l’anxiété de performance ou la peur d’échouer ?
On décide de faire du sur place pour temporiser cela. Il y a comme une odeur d’abandon qui plane dans la pièce. Je déteste ça.
Alors je continue, et pourtant, je suis épuisée au fond de moi. Car la performance joue sur votre limite personnelle.
Donc arrêtons cette mascarade ET revenons à l’essentiel : nous, notre être.
Il nous reste 2 mois avant de débuter une nouvelle année, une nouvelle page, un nouveau chapitre. Bref quelque chose de nouveau quoi !
Muni d’une feuille blanche, je vous propose que l’on se liste toutes les choses qui nous ont rendus fiers, nous ont épuisés et nous ont poussés à nous dépasser. Normalement, on devrait tous avoir une sacré liste. Il ne faut pas trop réfléchir, juste suivre le flot de toutes les pensées qui nous viennent.
Tout de suite, on sait qu’on a accompli une chose, des choses, plein de choses.
Est-ce que la performance derrière cette liste est primordiale pour me faire ressentir cette fierté personnelle ? Clairement, non.
On tient le début d’une belle tentative de slow life pour cet automne, non ? L’hiver nous invitera dans une introspection profonde, donc préparons-nous à cela. Il est temps de ralentir, d’inspirer et d’expirer. Puis basta.
Avec toute ma tendresse,
Linda 🌻
Si tu as aimé la newsletter du jour et qu’elle intéressera quelqu’un d’autre, sens toi libre de la partager !
Tu peux également me rejoindre sur Linkedin et Instagram si ce n’est déjà fait ! J’y publie régulièrement et différemment.
J’ai lancé mon Secret Club ✨ pour :
➡️ parler santé mentale sans me censurer, ni filtre
➡️ partager du contenu qui booste et apaise l’esprit
➡️ te chuchoter en avant-première les dates de mes ateliers d’écriture
Pas encore abonné ? Je t’invite à le faire pour recevoir mes écrits directement dans ta boîte mail tous les mercredis à 7h.

